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Posts Tagged ‘Palestine’

J’avais sous le coude un billet du 2 mars 2010 non publié sur le bras de fer armée/pouvoir politique en Turquie. Il débouchait sur un appel à la vigilance.

L’affaire de la flottille humanitaire vers Gaza et du traitement par le gouvernement turc de la crise soulevée par l’action armée israélienne offre des repères intéressants pour le futur.

Une flottille humanitaire vers Gaza est une bonne idée, j’avais moi-même pensé à une marche pacifique de retour de tous les réfugiés palestiniens (un réfugié est une personne qui a fui son pays pour échapper à une menace).

Ce qui est intéressant à observer, c’est la façon dont le gouvernement turc a exploité l’incident pour reprendre sa liberté de ton vis à vis d’Israël (un allié important pour lui jusqu’à présent) et se rapprocher des groupes prônant des options plus radicales. Certains s’en sont félicités, estimant qu’ainsi, la radicalité islamiste pouvait être contenue par une force politique que l’on considère jusqu’à présent comme un « islam modéré ». M. Erdogan étant d’ailleurs comparé aux démocrates chrétiens européens. 

Certes, sauf qu’en soi le christianisme n’exprime pas un projet politique, mais des principes que s’attachent à respecter, plus ou moins, les démocrates chrétiens. L’islam lui, exprime un projet politique. La notion « d’islam modéré » n’est en soi pas cohérente: l’islam est ou n’est pas. Ce qui est modéré ou extrémiste, c’est la stratégie utilisée pour arriver à la mise en oeuvre du projet politico-religieux. Erdogan ou Ben Laden sont les deux modèles stratégiques au service d’un même objectif politique: mettre en place un Etat muslman, pour l’un dans son pays, pour l’autre dans un pays à trouver. Quant au modèle selon lequel serait bâti cet Etat, il est unique et  donné par les textes sacrés, donc intangible. Il est loisible d’en observer le fonctionnement puisque mis en oeuvre dans plusieurs pays (Arabie saoudite, plusieurs émirats, …).

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Lu dans le monde du 21 février 2010 page 17, une tribune de l’ancien directeur Afrique du Nord et Moyen-Orient du Quai d’Orsay proposant de lancer par la France la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Trés bien écrit, j’ai tout compris. Notamment le passage : « Selon la pratique internationale, on ne peut opposer des obstacles juridiques à une telle reconnaissance. Il existe en effet une jurisprudence qui s’appuie sur le principe d’effectivité décliné en trois éléments : la présence d’une population, le fonctionnement d’institutions qui exercent une autorité effective, même si elle est limitée, et l’existence d’un territoire ».

Oui, un Etat se définit par l’existence simultanée de ces trois constituants. Reconnaitre un « Etat palestinien » aujourd’hui, c’est admettre que le territoire « peau de léopard » auquel Israël a réduit l’espace palestinien à force de guerres et d’opérations de colonisation peut lui tenir lieu de territoire.

Je comprends surtout à la lecture de ce papier que la diplomatie française veut à tout prix marquer de son empreinte les relations internationales. L’affaire sera portée par notre ministre des Affaires étrangères et européennes  devant le Conseil de sécurité, ce sera un moment grandiose d’éloquence face aux Etats-Unis, que le diplomate pense pouvoir mettre à genou : « Mais iront-ils [les Etats-Unis] jusqu’à opposer un veto au Conseil de sécurité, passage obligé pour l’admission d’un nouvel Etat à l’ONU ? ».

Un moment d’éloquence à l’ONU, cela vous rappelle t’il quelque chose ? Encore que la dernière fois, c’était pour la bonne cause.

L’idée que cette reconnaissance acquise malgré eux, coince de façon pérenne les Palestiniens dans un Etat croupion, ne parait pas effleurer notre diplomate. Il entend déjà les applaudissements et voit les spots des projecteurs de télévision braqués sur lui et son ministre.

Qui a parlé de « diplomatie du sac de riz » ?

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