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Posts Tagged ‘burqa’

L’affaire dite « Frèche », comme celle dite de la « Burqa » illustrent les carences de méthodologie et de clairvoyance stratégiques tant du parti socialiste que du gouvernement. La stratégie est l’art du possible, elle exige un but affiché, des  chefs pour concevoir le plan d’action et des troupes pour le mettre en œuvre.

Le cas Georges Frèche: Martine Aubry veut se débarrasser du chef d’une des plus importantes fédération du parti (20 000 membres) devenu  un potentat local indifférent, voire hostile à la direction centrale. Le 22 décembre, lorsqu’il lance sa remarque sur Laurent Fabius, la direction centrale pense avoir trouvé la pierre philosophale ou le « centre de gravité stratégique » dirait Clausewitz. Le prétexte: Frèche est antisémite, il doit être abattu pour cela.

Mais l’attaque tombe dans le vide. Pire, elle va profiter à celui qu’elle voulait détruire. Les raisons: défaut d’analyse initiale de la situation, sous estimation de l’adversaire, absence de planification de l’action. C’est Napoléon III se lançant à l’attaque de la Prusse, avec une armée non préparée et sans plan de manœuvre, parce que l’on lui a agité la dépêche d’EMS sous le nez. N’est pas Alexandre à la bataille d’Ixos ou Napoléon à Arcole qui veut, surtout pas Napoléon III et encore moins Martine Aubry. Pourtant l’on pouvait gagner contre Frèche, car son style de direction lasse. Une stratégie globale visant à déstabiliser successivement ces appuis, dont certains souhaiteraient un peu plus d’aide pour s’affranchir d’un tutelle insupportable,  est la seule possible. C’est la bataille du Pacifique et la remontée américaine île par île jusqu’au Japon qu’il faut conduire, mais là aussi, il n’y pas de Nimitz ou de Mac Arthur au PS.    

Les données du cas  » Burqa » sont analogues. Une religion/culture qui empiète sur la laïcité et les droits de l’homme et de la femme, la conscience par les politiques de cette situation qui entache les principes républicains, mais l’incapacité totale de l’exprimer. Il est alors décidé de s’attaquer au port de la Burqa, un coup de main rapide sur un objectif bien médiatisé.  Mais l’attaque est menée sans vigueur et quand bien même, quel intérêt d’enlever un bastion isolé ? L’affaire de la Burqa, c’est le  débarquement américain sur les plages de Somalie devant les caméras de télévision suivi par un gros coup des Somalis et le piteux retrait des forces américaines. Là aussi, la seule stratégie possible est l’attaque sur le cœur du dispositif, sous la bannière de la laïcité. La République sait le faire, elle l’a fait à deux reprises contre la religion chrétienne: à partir de 1789, puis entre la fin du XIX° siècle et le début du XX°.

Trois questions se posent en fait aujourd’hui: a-t-on encore une République pour donner une vision ? a-t-on encore des stratèges pour la formuler et la conduire (le stratège est celui qui dirige la république grecque) ? a-t-on encore des citoyens pour marcher au feu ?

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