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Le PS se réveille d’un long sommeil et vient de saisir la Cour de justice de la République de l’affaire Tapie. On se souvient que cette personne, manipulateur de haut vol, s’était fait une spécialité de racheter des entreprises en difficulté puis de les revendre par « appartements » en réalisant de copieux bénéfices. Le Crédit Lyonnais fut un de ces clients escroqués. Mais cette banque s’attela à remettre sur pied la société Adidas et put ensuite la revendre à bon et vrai prix. L’ancien ministre s’en trouva vexé et intenta, pendant 15 ans, actions sur actions en justice pour pomper cette manne. En 2008, alors que l’action en justice promettait d’arriver à son terme en déboutant M. Tapie, celui-ci obtint de l’Etat le recours à une procédure de règlement à l’amiable par lequel les finances publiques lui octroyaient  295 millions d’euros, hors intérêts, dont 45 millions d’euros au titre du préjudice moral. Il vous souviendra que seul M. Bayrou s’éleva avec vigueur contre cette décision, mais M. Bayrou a été vaincu, comme un héros de western dans le désert politique (110 888 voix aux dernières cantonales).

Aujourd’hui le PS adresse une lettre à la Cour de justice de la République évoquant plusieurs qualifications possibles au pénal dans cette affaire. Il y a vraiment des fois où l’on aime le son de la voix de Martine Aubry, quand elle arrête de faire dans la démagogie et qu’elle se met à « taper dans la tôle » pour reprendre une expression de M. Tapie justement. Nous lui souhaitons la pleine réussite dans son entreprise.

Vous étes certainement comme moi, vous payez des impôts, une taxe sur l’audiovisuel, alors vous écoutez France Inter, la radio du service public. Je ne vais pas jusqu’à regarder la télévision « pour en avoir pour mon argent », car il y a quand même des limites au masochisme intellectuel. Hors donc ce matin, mastiquant les trois premiers de mes cinq  fruits quotidiens, j’écoute le chroniqueur gastronomique de « notre radio de service public » nous parler de la viande halah. Intéressant de connaître les dessous de l’abattage rituel, notamment financier, moins intéressant lorsqu’il nous explique d’un ton enjoué que manger halal est « à la mode », et qu’après la lecture de son papier, il commente avec Audrey Pulvar, je cite: « nous vous encourageons à aller manger halal, ce peut être une expérience de convivialité » et pourquoi pas à aller faire la prière rue Myrrha ? mais là, il faudra que la charmante Audrey se déguise en gros barbu, car même avec la burqa …

Etonnant les contorsions auxquelles peuvent se livrer nos journalistes pour « faire politiquement correct ». Nous présenter l’alimentation halal comme une « mode » et titrer le papier « le succès de l’alimentation halal », sous entendant dans le texte que le bon peuple se presse sur le dernier « fooding » à la mode, le « manger halal », c’est pas un bon gros mensonge ça? vilain petit garçon, va! Le bobo peut-être, mais le bobo, on l’entend beaucoup certes, mais il est quand même rare. Tout le monde sait que dans de nombreuses cantines et restaurants collectifs public ou privé, le halal est devenu la norme, volens nolens, et même dans les restaurants tout court (voir mon article sur Poissy en février) et qui veut se renseigner sait qu’il y a près de 10 millions de musulmans en France.

Chut, il ne faut pas le dire comme ça, cela fait le lit du FN! Et le cacher, ça fait le lit de qui?

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/a-voir-et-a-manger/ Le succès de l’alimentation halal.

NB: Je viens de découvrir que le correcteur d’orthographe de mon logiciel de création de blog ne connaît pas le mot « halal », encore un que je vais dénoncer à la HALDE!

Le Monde du 1 avril 2011 donne la parole à Malika Mokkedem. Je croyais d’abord à un poisson d’avril, tellement, depuis 40 ans que je le pratique, ce journal m’avait habitué à une prose soigneusement poncée au papier de verre de la censure du politiquement correct puis longuement patinée à la popote de la bien pensance. Le voici qui donne la parole à une femme née en Algérie et réfugiée « morale » en France qui décrit sans détour tout le mal qu’elle pense de l’archaïsme de la société algérienne dont elle a longtemps subi le joug machiste et bigot. Le Monde prend-il ses distances avec la repentance et la doxa?  Erik Izralewicz serait-il en congé, les souris en profitant pour danser? Quoiqu’il en soit, ne boudons pas notre plaisir et partageons le: Le Monde du samedi 2 avril 2011, page 19 . Je ne ferais pas un mot de commentaire de cet entretien qui claque aussi fort, pour dire la vérité que les drapeaux algériens agités avec provocation et rancoeur aux quatre vents d’une France atrophiée pour nous la cacher.

Dans la même veine, je vous livre un petit secret, il y une autre femme super épatante qui peut vous apprendre beaucoup de chose: Malika Sorel. Allez faire sa connaissance à travers son blog: http://puzzledelintegration.blogspirit.com/ et je vous recommande son livre « Le puzzle de l’intégration », n’hésitez pas  à le lire, vous ne serez pas déçus. Allez vite le commander chez votre libraire, vous ferez ainsi marcher son commerce. Nous avons tous besoin des libraires.

Certainement.

Mais, l’UMP et le PS nous ont conduit à la désindustrialisation et mis à la merci des marchés mondiaux par la doctrine du libéralisme librement acceptée via le projet européen. Projet ambitieux, nécessaire, mais aux principes de mise en œuvre nocifs. Nous pouvons écrire ce que nous voulons sur la « vacuité » du programme économique du FN, nous ne trouverons que les opposants farouches au FN (si, si il en reste encore une poignée de millions, je vous assure) pour nous croire sur parole. Les dizaines de millions d’autres déçus sont prêts à tenter la chance. Que faut-il pour les en dissuader?

Certainement pas les vieux discours de diabolisation qui ne font plus mouche. Car le Diable, le peuple français l’a vu et il ne portait pas la flamme du FN mais les oripeaux de la mondialisation cousus sur le squelette d’une Nation appelée France, par des politiques plus soucieux de leurs carrières et prébendes  que de l’avenir de leur pays.

Se mettre en ordre de marche pour « faire barrage au FN » n’aboutira qu’à une défaite, car, à trop avoir entendu crier au loup à corps et à cris, le peuple apeuré est maintenant épuisé, sourd, indifférent et peut-être même curieux de voir. A chaque nouvelle alerte, il hausse simplement les épaules, tout juste regarde t’il passer les limousines des princes des médias, du show biz, du monde intellectuel et de la politique courir à un colloque sur « les dangers du FN », entre un séjour à Marrakech, une séance de signature pour le dernier livre « Je m’indigne, donc je suis », une « télé » sur le thème « la bien pensance est-elle en danger? », un entretien à l’Élysée pour réclamer des « frappes aériennes » ici où là, au gré des humeurs et à portée des caméras du 20 heures,  un dîner en ville sous les ors d’un restaurant étoilé, quand s’affaire la misère du monde dans l’arrière-salle à nettoyer les assiettes.

Le problème n’est pas de savoir si le programme de l’autre est indigent, mais de savoir ce que l’on va mettre dans son programme. Alors ?

Ne cherchez pas, vous ne les trouverez pas! Vous êtes prié de croire sans discuter ce que l’on vous dit!

Dans la presse quotidienne ce matin deux exemples: le Parisien titre à la Une en parlant de Marine Le Pen « Elle s’installe » avec photographie et en titre des pages deux et trois « Le FN de Marine Le Pen confirme sa percée ». Le Figaro garde mieux les pieds sur terre en titrant: « L’abstention record relativise les gains de la gauche ». Dans les nombreuses pages que consacrent les deux quotidiens aux cantonales, vous trouverez quantité de pourcentages, mais aucun chiffre brut vous permettant de mesurer réellement l’état des forces en présence. 

Je les rappelle alors pour ce qui est du premier tour, car il est la seule référence permettant de mettre toutes les forces en présence et je les mets en perspective avec la dernière cantonale identique en 2004. 

En 2004, il y a, sur le périmètre considéré, 20 053 956 inscrits, 1 490 315 votent FN soit 7,43% (PS: 3 226 525 soit 16,08% ; UMP + UDF: 3 158 918 soit 15,75 %). En 2011, il y a désormais 21 295 938 inscrits sur le périmètre. Le FN obtient 1 379 902 voix soit 6,48% (PS: 2 284 967 voix soit 10,73%; UMP: 1 554 744 voix soit 7,3%).

Le FN perd donc 110 413 voix entre 2004 et 2011, le PS perd 941 558 voix et l’UMP 1 604 174 voix.

J’en conclus donc:

  1. que le FN ne « fait pas une percée » mais perd des voix!
  2. que les électeurs UMP comme PS ne sont pas partis pour le FN, mais pour l’abstention;
  3. que les dirigeants politiques des deux partis (UMP comme PS) soit ignorent les chiffres (ce qui est grave), soit les dissimulent (ce qui est très grave);
  4. que les politologues « le FN progresse en voix » dixit Roland Cayrol mentent;
  5. que les analyses sur les raisons de la « poussée du FN » sont donc nulles et non avenues;
  6.  que les doctes conseils ou vigoureuses réprimandes distillés: « Sarkozy a joué à l’apprenti sorcier […] en favorisant le débat sur l’immigration et l’islam » (toujours R. Cayrol) sont ineptes;
  7. que le véritable coeur est dans les 11 millions d’abstentions (presque 10 fois plus que d’électeurs du FN!);
  8. que peu de personnes ne se soucient d’eux;
  9. que si ces électeurs avaient été attirés par le FN, le PS ou l’UMP, ils seraient allés voter pour eux;
  10. que au vu des réactions d’avant le premier tour, confirmées entre les deux tours [(le PS appelant à un front républicain, que rien ne justifiait vu la piètre prestation du FN dont le score ramené au niveau national donne 2 759 804 voix alors qu’en 1988 aux présidentielles, J-M Le Pen totalisait 4 376 742 voix!) – (des dirigeants de l’UMP appelant à voter PS)], les deux « grands partis de gouvernement » sont en train de confirmer les, désormais vieilles thèses du FN que « gauche et droite, c’est blanc bonnet et bonnet blanc »;
  11. que les « succès » du FN ne reposent que sur une situation relative qui peut s’effondrer si les  électeurs retournent aux urnes;
  12. que les deux partis « de gouvernement » ont tout juste un an devant eux pour montrer qu’ils ont compris la désespérance des Français et qu’ils s’attellent, chacun de son côté, à construire une réponse claire et personnelle, correspondante à leur orientation politique affichée (programme de droite, programme de gauche) afin que l’électeur ait un réel choix;
  13. que si la seule stratégie que ces deux partis mettent sur pied, c’est le « front républicain », alors, l’électeur comprendra qu’il n’a que trois choix: le FN, le Front républicain ou l’abstention;
  14. que, comme l’électeur donne depuis 2009 dans le Front républicain (souvenez-vous,  les cohabitations successives, puis les gouvernements d’ouverture depuis 2007) et que son  abstention présente prouve que ce n’est pas ce qu’il veut, alors le pronostic pour les présidentielles sera facile à faire.

Martine Aubry, le 27 mars 2011 sur France 2 à 20h08, commentant le résultat des élections cantonales: « Je veux dire aux Français que nous les avons compris, nous allons nous mettre au travail ».

Il était temps!

Retour dimanche matin 20 mars d’un périple dans un désert des antipodes. En attendant les bagages, premières informations pour moi du drame vécu par les Japonais depuis plus de 10 jours et premières réactions: apitoiement devant les pertes humaines et les dégâts, craintes devant les dangers latents du nucléaire, admiration devant le courage exemplaire.

Plus tard, passage au bureau de vote, vote électronique puis sieste pour récupérer. Le soir à 20 heures, cataclysme, tsunami, catastrophe politique: le FN arrive en seconde position au premier tour des cantonales. Faire barrage, arrêter la descente aux enfers, tuer la bête immonde, je me couche l’esprit bourdonnant d’images d’héroïsme exemplaire, me voyant en sauveur de la République, faisant barrage de mon corps face à la « France moisie » qui n’a pas compris que la diversité et  le vivre ensemble sont l’avenir.

J’ai pourtant beau essayer d’être positif, dés le pyjama enfilé, ma nuit et les nuits suivantes sont peuplées de cauchemars. Dans les replis de mon cerveau, mis en alerte des journées entières par les appels à la résistance des dirigeants politiques républicains, des journalistes clairvoyants, des consciences intellectuelles, se profilent les graves dangers que peut nous faire courir le FN. 

Je rêve ainsi que, pour assouvir sa soif de pouvoir et sa volonté de domination, il entreprend des actions violentes dans le pays, exerce des pressions ignominieuses sur le gouvernement, et prend en otage la population. Dans un premier cauchemar, le voici en train de bloquer un grand port français pour mettre à genou l’économie d’une région, voire de la France entière, dans un autre, je le vois assiéger les dépôts de carburant, dans d’autres encore, il impose des grèves tournantes interminables dans les transports publics, il gangrène la vertueuse éducation nationale qui cesse les cours en dépit des examens en vue, il infecte l’administration pour lui faire cesser tout service. Malgré les millions de chômeurs et de citoyens à aider, le Pôle Emploi cesse le travail, les juges arrêtent les procès, ici et là, divers services de la fonction publique accumulent grèves du zèle, tournantes, totales. La peur me réveille brusquement, je cours à la porte vérifier qu’elle soit bien verrouillée, j’épie les ténèbres de la rue déserte à la recherche d’un argousin embusqué pour me surveiller.

Vendredi matin, le 25 mars, épuisé par plusieurs nuits sans sommeil, je rejoins Charles au bistrot d’en bas. Je le retrouve plongé dans le Parisien du jour lisant un entretien de deux pages entières (plus la Une avec photo) d’un brillant journaliste avec Johnny Halliday. Je lui raconte mes cauchemars. « Tu vois, me dit-il, dans le journal, Johnny, après avoir parlé de la stérilité de sa femme, de ses impôts, de son chalet en Suisse conclut aussi en disant que la montée du FN lui fait peur ».

« Je trouve que nous avons de la chance en France d’avoir des médias qui prennent autant de soin à nous informer et à nous élever l’esprit, et mes peurs sont donc justifiées » dis-je.

A ce moment, Louis est intervenu pour dire que nous avions déjà vécu tous ces événements plusieurs fois, que  c’était à chaque fois particulièrement pénible, mais que le FN n’y était pour rien. Louis intervient toujours pour critiquer. Heureusement, il y a Monsieur Roux!

 Monsieur Roux est un professeur à la retraite qui prend son café assis à une table du bistrot, toujours attentif à nos préoccupations et prêt à nous conseiller, un vrai pédagogue. Dés le début mai 1968, il avait suivi les consignes des syndicats et refusé de rendre les copies des devoirs de ses élèves. Maintenant, 43 ans après, il recherche ses anciens élèves pour les leur rendre. Ce sens du service public m’impressionne toujours.

Il nous explique que toutes ces actions étaient des « actions citoyennes », dictées par la « lutte contre l’arbitraire » et « destinées à libérer les travailleurs de l’emprise de l’argent », qu’il ne faut pas en avoir peur, mais les soutenir. Il ajoute: « le FN est lui dangereux, car le FN, c’est rien et ses électeurs des moins que rien. Tout est dans l’intention, et chez eux, l’intention est mauvaise. Il faut donc  faire barrage, car le FN est à 15% soit 1,5 électeurs sur 10 ».

Louis ricane dans son coin, alors Charles explique. J’aime bien quand Charles explique. Il a fait l’école des cadres à l’époque où le camarade Georges Marchais était secrétaire général. Charles il dit toujours: « Pour moi, l’école des cadres, c’est du globalement positif ». Alors Charles dit: « Regarde. Un verre d’eau à coté d’un demi de bière, c’est rien, et même moins que rien’. J’acquiesce.  » Et pourtant, poursuit-il, des millions de verres d’eau, ça te fait un tsunami. Tiens, demande aux Japonais! ».

Alors, là j’ai tout compris! Mais, cette image me donne comme un formidable coup de poing à l’estomac. Je peux juste avaler mon demi et rentrer, abasourdi par cette révélation. Sur le chemin du retour, je me dis que si 15%, ça fait un et demi sur dix, alors, ça fait beaucoup. Je commence à compter les passants que je croise. Au huitième, je change de trottoir en regardant, de biais et de loin, le neuvième qui est, immanquablement, une moitié d’électeur FN et le dixième qui est un électeur FN plein.

Comme je me sens un peu plein moi aussi après mon demi à jeun, je rentre chez moi sans tarder. Mais je me dis que je ne peux pas continuer comme cela, je ne veux pas à avoir à changer de trottoir toutes les huit personnes, pour éviter de me faire casser la gueule par un facho. Et comment faire alors dans le métro, au cinéma, dans les supermarchés? Si des millions de riens, cela fait un tsunami, alors, s’il y en a plus, qu’est-ce que cela fait? Plusieurs tsunamis? Un tsunami géantissime? Il faut donc faire barrage. Et pour le faire solide, je vais donc analyser la situation. Charles, il dit toujours: « Cherche par toi même et analyse! ».

Je me suis dit alors: « Je vais compter pour savoir combien ça fait de verres d’eau tous ces riens et moins que rien. Et après, je demanderai à monsieur Roux combien il y avait de verres d’eau dans la vague du tsunami des Japonais. Et comme ça, je saurais si je peux faire barrage où si je dois partir ». 

Bon, le FN c’est Le Pen, alors j’ai commencé à compter les voix de Le Pen aux présidentielles. J’ai considéré les voix,  parce que des verres d’eau en pourcentage, je ne sais pas très bien ce que cela peut donner. Mais j’ai quand même pris les pourcentages des inscrits, car je me suis dit que cela me permettrait de mieux voir ce que les électeurs FN représentaient au milieu de tous les électeurs potentiels qui sont finalement les gens que je croise dans la rue. Pour faire encore plus juste, il faudrait comparer le nombre d’électeurs FN à la population totale. Mais là, ce serait supposer que les bébés peuvent déjà être FN de naissance, et je veux éviter les amalgames.

En 1974, Le Pen a 190 921 voix. Bon, ça fait pas mal de verres d’eau, mais quand même, par rapport à un tsunami, on pouvait éponger à l’époque. Il semble que cela ai été fait, en 1981, il n’est pas là!

En 1988, il est de retour et il recueille 4 376 742 votes sur 38 179 118 votants, soit 11,46%. Joli coup, Mitterrand et le PS n’ont pas du le voir venir, car sinon, ils l’auraient empêché, ça c’est sûr. Il n’y a qu’à entendre le PS s’égosiller aujourd’hui. Pas de raisons que les socialistes de hier aient été plus mauvais que ceux d’aujourd’hui. En plus, ils étaient au gouvernement. A mon avis, c’est parce qu’ils avaient trop de travail. Enfin, il faudra quand même que je demande à M. Roux ce qu’il en pense.

En 1995, 39 993 954 votants, il recueille 4 571 138 voix (11.43%). Malgré Mitterrand et le PS, la bête immonde réussit à se maintenir! La, cela paraît un peu bizarre! 

Arrive 2002, 41 192 272 votants, il a 4 804 713 voix, soit 11.66%. Il se maintient toujours. Curieux, j’entends pourtant beaucoup de commentaires ces derniers jours disant que: « Chirac avait su, avec son refus de toute compromission, tenir le FN à l’écart, c’est pas le cas aujourd’hui, avec les appels du pied incessants, le discours sécuritaire, les coups de menton à relents fascistes qui font le lit de l’extrême droite. Bon enfin, on va voir. J’ai du mal entendre! »

En 2007, sur 44 472 834 votants, il a 3 834 530 voix (8,62%). Là, la bête immonde fléchit. Un million de riens de perdus, ça fait quand même un beau petit tsunami en moins.

Oui, mais reste 2011.

Alors voyons. Il faut comparer les deux cantonales identiques soit 2004 et 2011. En 2004, il y a, sur le périmètre considéré, 20 053 956 inscrits, 1 490 315 votent FN soit 7,43% (PS: 3 226 525 soit 16,08% ; UMP + UDF: 3 158 918 soit 15,75 %). En 2011, il y a désormais 21 295 938 inscrits sur le périmètre. Le FN obtient 1 379 902 voix soit 6,48% (PS: 2 284 967 voix soit 10,73%; UMP: 1 554 744 voix soit 7,3%).

Arrivé à ce stade, je compare. Je m’aperçois que le FN a perdu 110 413 voix entre 2004 et 2011, le PS lui a perdu 941 558 voix et l’UMP 1 604 174 voix. (Pour l’UMP je me dis que c’est un peu plus difficile à être sûr d’avoir bien cerné la question, car en 2004, il y avait le MODEM, mais en 2011, il ne reste que le Nouveau centre. Encore que le MODEM, c’est plutôt un rien de rien en termes de voix).

Passons, le sujet est le FN. Là, j’ai eu un grand moment de bonheur: en fait, il perd un bon nombre de voix. En plus, je me dis qu’une consultation électorale de 21 millions de votants, ça fait quand même un super sondage, et que l’on peut se faire une idée de la présidentielle de 2012 avec ça, même si le fond de la question n’est pas tout à fait le même. Essayons quand même. 

Si je multiplie par deux les chiffres 2011, je devrais être ni plus près, ni plus loin, des résultats de sondages portant sur « Un panel de 1100 personnes choisies selon la méthode des quotas » comme disent les instituts. Alors pour 2012, cela ferait  1 379 902*2= 2 759 804 voix pour le FN, soit son plus mauvais score depuis que Mitterrand l’a ressuscité en 1988! Impressionnant, non?

Arrivé au bout de ce travail, je ne peux pas dire que je suis plus tranquille. Car je me demande comment: « Les électeurs de l’UMP sont partis vers le FN » comme dit la Gauche puisque le FN a perdu plus de 100 000 électeurs. Je me demande aussi pourquoi l’UMP qui se présente contre la gauche peut, pour certains de ses membres, demander de voter pour le PS, afin de « faire barrage au FN ». Vu la situation, l’on se demande à quoi doit servir le barrage: à éviter que d’autres électeurs arrivent, mais en fait ils partent! Peut-être alors comme tout barrage hydraulique à éviter que les verres d’eau partent? Il faudrait que PS et UMP nous éclairent sur ce point.

 Je me demande, je me demande … si les deux grands « partis de gouvernement » ne me prennent pas pour un imbécile! Ne vous prennent pas,  vous aussi, pour des imbéciles, et n’agitent pas en permanence des chiffons rouges sous nos yeux pour nous cacher leur incapacité à gouverner correctement ce pays. Et ça, c’est autrement plus inquiétant que quelques verres d’eau de plus ou de moins dans la vague du tsunami, surtout lorsque ce tsunami semble n’être qu’une image virtuelle mise dans nos têtes par les politiques, les médias, les grandes  consciences intellectuelles.