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Archive for février 2010

Lu dans Le Monde du  février 2010 un dossier sur la présence française en Afghanistan, avec articles et libres opinions.

Dans la partie « article« , un papier très synthétique de Nathalie Guibert donne quelques informations sur les participations militaires européennes aux opérations, pas réellement une « analyse » comme voudrait le présenter l’article. C’est néanmoins un bref cliché qui montre que beaucoup de nations sont concernées, mais que chacune y va en ordre assez dispersé. Et c’est bien là que réside le problème dans cette opération. A part ce papier, pour le reste c’est la longue plainte du journaliste qui n’arrive pas à lancer une polémique bien juteuse, jusqu’à écrire un article qui s’interroge : « L’Afghanistan n’est pas un sujet de polémique en France. Pourquoi ? » , c’est dire le niveau de notre presse qui ne peut exister sans le débat stérile de la polémique.

Soulignons avec force la réaction de Christophe Cambadélis :  » On souhaite accéder au pouvoir, il est donc logique d’avoir une position de type gouvernemental, qui prend en compte les engagements stratégiques du pays.  » S’il pouvait en glisser un mot à Vincent Peillon ce serait pas mal. Même Jean Glavany appelé en renfort veut réagir en homme politique responsable. Au moment où l’on cherche un nouveau patron politique à la tête de la cellule AFPAK du Quai d’Orsay, ce serait certainement utile de penser à lui.

Dans la partie « opinions« , les sempiternels grands noms de la pensée, avec la sempiternelle rengaine de l’Afghanistan qui ne se laisse pas conquérir, etc.,  comme s’il s’agissait ici d’une conquête! Et puis une pensée rafraîchissante coulée au moule de l’analyse et de la réflexion objectives (j’ose ajouter propre au Collège interarmées de défense). Une jeune homme, commandant de l’armée de terre, qui nous donne neuf raisons de croire au succès, et, ma foi, nous y croyons car son approche nous sort des poncifs habituels. Un constat jaillit après avoir lu son opinion: reste à la Coalition internationale qui est au chevet de l’Afghanistan à mieux se coordonner sur le terrain, à ne pas lever de ‘polémique » en son sein et le succès sera au bout du chemin pour le plus grand bonheur des Afghans qui sont comme tout un chacun: ils veulent vivre en paix et nourrir correctement leur famille.  Fier certes, mais loin du mythe occidental de l’exclusif guerrier.

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Jihad et Khadafi

Suite à l’appel au terrorisme de Khadafi, et contrairement à ce que j’avançais ce matin, il y a des réactions trés vives. Nous apprenons ainsi par l’AFP qui titre  » La Suisse soutenue par l’ONU et l’Europe » sa dépêche du 26 février 2010 à 15h31 que les plus hautes autorités ont réagi.

Le directeur général des Nations unies à Genève, Sergei Ordzhonikidze a déclaré : « Je crois que de telles déclarations de la part d’un chef d’Etat sont inadmissibles dans le cadre des relations internationales« , en est-il bien sûr ? ce dont je suis sûr c’est qu’un directeur général de l’ONU est un personnage respectable mais un illustre inconnu en termes de relations internationales. De là à prétendre que sa déclaration constitue un « soutien » et un engagement fort de l’ONU ! Nous attendons toujours le Secrétaire général. 

Notre Ministre des Affaires étrangères et européennes a pour sa part déclaré que les propos étaient « inacceptables » et s’est empressé de demander aux deux pays de régler leur différend « par la négociation« .

Douceurs du langage et de l’esprit politiquement correct, un appel au « djihad »  constitue un différend ! Quant à l’appel à la « négociation », arrivera t’il jusqu’au zombie qui, quelque part dans un camp, se prépare à sa prochaine mission de djihad ?

Le bonheur suprême dans le genre vient de cette réflexion d’un « observateur européen » cité par l’AFP. Il déclare : « Il est difficile d’évaluer quelles seront les conséquences de cet appel, mais ce n’est pas forcément un signal négatif« . Il fallait oser !

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Le gouvernement catalan est inquiet de la montée d’un islam fondamentaliste qui passe des messages de non-intégration et d’hostilité au pays d’accueil dans une communauté musulmane de 350 000 membres. Depuis 1992-1993, la communauté de Tarragone qui compte 16 000 membres organise pour la semaine sainte un congrès salafiste qui réunit 3 000 à 4 000 personnes avec des intervenants de haut niveau venant d’Arabie saoudite, de Syrie, d’Egypte, de Libye, et autres pays. Cette présence « décomplexée » a alerté Angel Colom, responsable de Convergencia Democratice (CDC, droite) qui a réclamé l’expulsion des imams les plus virulents. « Electoralisme » ont hurlé ses opposants et le député Mohammed Chaib. De son coté Fatima Ghailan a subi des pressions de l’Association musulmane de sa ville, Cunit, parce qu’elle s’habille à l’occidentale et a lancé une pétition pour la faire renvoyer de son poste de médiatrice à la mairie. Elle a porté plainte et elle n’a pas été renvoyé, mais elle « n’a toujours pas compris l’attitude ambiguë de la mairie socialiste au moment d’arbitrer entre sa médiatrice et l’imam » (cité par le Monde du 26 février 2010).

En Turquie, une cinquantaine d’officiers (généraux et amiraux en grande partie dont deux encore en activité) ont été inculpés le 24 février 2010 sous l’accusation d’avoir projeté un coup d’État en 2003.  L’armée, gardienne de la laïcité depuis Ataturk a vu d’un mauvais œil l’arrivée du parti islamiste de la justice et du développement (AKP) au pouvoir. Le politologue Ali Bayramoglu estime « qu’il s’agit d’un moment crucial du processus de démilitarisation du régime et de la société turque. […] il y aura encore du chemin à parcourir ». Manifestement ces actions de l’AKP sont analysées comme une avancée vers plus de démocratie. Pendant ce temps, dans la rue, les femmes voilées se multiplient.

Calendrier des événements (source Le Monde).

Juillet 2008 : Vingt arrestations, dont celles de deux ex-généraux, pour  » projets de coup d’Etat « .

Octobre 2008 : Quatre-vingt-six membres présumés du  » réseau Ergenekon  » jugés devant un tribunal spécial. Ils sont accusés d’avoir voulu renverser le gouvernement dirigé par le Parti de la justice et du développement (AKP).

Janvier 2010 : Le journal Taraf révèle un plan de l’armée baptisé  » Balyoz « , destiné à provoquer un coup d’État en 2003.

Février 2010 : Plus de quarante officiers arrêtés, sept sont inculpés pour tentative de coup d’Etat.

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Khadafi lance la guerre sainte contre la Suisse. Une « foucade » titrent les médias européens qui veulent bien en parler. Qu’en pensent les chefs d’Etat des pays musulmans présents à Tripoli ce jour là ? Qui va aller leur poser la question ?

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Page d’accueil Orange.fr du 26 février 2010

    

  Une dépêche de l’agence France Presse (AFP) du 25 février 2010 à 20h40 nous apprends que le colonel Khadafi, dans un discours tenu à Benghazi à l’occasion de la fête du Mouloud devant des milliers de personnes et en présence de chefs d’Etat et de représentants de pays islamiques a demandé « le jihad » contre la Suisse. Citations de l’AFP :  « C’est contre la Suisse mécréante et apostate qui détruit les maisons d’Allah que le jihad doit être proclamé par tous les moyens » […] « le jihad contre la Suisse, contre le sionisme, contre l’agression étrangère (…) n’est pas du terrorisme« .    

A écouter les médias qui tournent en boucle autour de notre nombril depuis quelques jours pour une chamaillerie de têtes de listes départementales, la France est occupée par des problèmes bien plus importants. Dernier rebondissement, M. Peillon vient d’exhiber une coupure de presse de 1967 !  

 L’affaire Khadafi est quant à elle, qualifiée de « foucade » par les médias qui veulent bien s’en préoccuper.  (ndlr: selon le petit Larousse, une foucade est « un emportement capricieux et passager » ).  Les victimes des attentats passés et à venir s’en réjouiraient certainement, mourir c’est dur, mais lorsque l’on sait que c’est  pour la distraction des terroristes cela passe mieux, il faut toujours faire plaisir à son prochain !    

Nous sommes quand même informés. Sur la page d’accueil du site Orange.fr du 26 février 2010, les deux nouvelles sont côte à côte (voir ci-dessus). Pourquoi ?  La Rédaction de Orange.fr veut-elle montrer que les deux nouvelles sont aussi importantes l’une que l’autre ? L’on notera que Peillon  a suscité 260 réactions, Khadafi 106 réactions, dont la plupart minimisent l’affaire soit en traitant Khadafi de cinglé, soit en rappelant à juste titre son accueil par la France il y a peu.    

A, j’oubliais, à 10h23, l’AFP sort une nouvelle dépêche: « Attentat à Kaboul, 17 morts dont un Français ». Dommage, en voila un qui ne saura pas combien M. Peillon se sera battu pour les droits de l’homme et qui, du coup, ne votera pas pour lui.    

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Cette affaire obscurcit totalement le paysage de la « politique », mot que je mets entre guillemets car je veux ici l’utiliser avec son sens premier de « gestion des affaires de la cité ». Je réfute le sens que lui donnent les médias par leurs communiqués et articles, avec des discussions sans fin sur les intentions réelles ou supposées d’un tel ou de tel autre (et là, nous ne parlons pas des intentions en termes de programme » politique »). Aurons nous un jour des médias qui arrivent à sortir la politique du caniveau dans lequel ils déplorent qu’elle soit, mais dans lequel ils la traînent chaque jour ?

Derniers exemples de cette incapacité des médias à nous aider à « penser notre vie de citoyens ».

France Inter fait tout les matins un éditorial « politique ». Il était consacré ce matin à l’affaire Soumare, affaire capitale on s’en rend bien compte pour l’avenir du département, de la région, de la France, que dis-je, du monde (ou du journal Le Monde qui doit vendre de la copie ?). Quid pendant ce temps du Niger où se joue le destin d’hommes et femmes mais aussi notre avenir énergétique ? quid de l’Iran, quid des programmes des candidats aux régionales ?

Sur cette affaire Soumare encore: je lis dans le billet du Monde daté du 25 février 2010 :  » … Elles témoignent, enfin, chez ces responsables de l’UMP, d’amalgames et de préjugés inacceptables : noir de peau, de père malien, habitant un quartier difficile de Villiers-le-Bel, Ali Soumaré ne pouvait être, à leurs yeux, qu’un délinquant. Après les dérapages nauséabonds provoqués par le débat sur l’identité nationale, cette affaire dit trop bien la tartufferie d’une partie de la droite quand elle plaide en faveur de l’intégration des jeunes issus de l’immigration« .

Ainsi, il s’agissait « d’amalgames et de préjugés inacceptables », j’en prends acte, mais je note que  le jugement du Monde procède lui aussi de « préjugés et d’amalgames » vis à vis de personnes qui, appartenant à telle classe socio culturelle, à telle tranche d’âge et à tel parti politique ne peuvent qu’être racistes. Je trouve qu’il y a la matière à crier à la diffamation.

France Inter, encore, n’est pas en reste pour ce qui est de condamner sans jugement les compères de l’UMP. Dans le journal de 7 heures 30 ce jour, le journaliste rajoute ensuite que  si M. Soumare a été condamné, c’était il y a longtemps, ce qui est vrai  et que le jugement porté est prescrit, ce qui est vrai juridiquement mais faux politiquement.

Car dans tout cela, il ne faut pas oublier que nous parlons de candidature à une fonction politique élective. Ce qui veut dire, en démocratie, que l’on doit dire aux électeurs qui l’on est et ce que l’on veut faire. A partir de là, le corps électoral vote en connaissance de cause et à lui de voir s’il porte au pouvoir des candidats condamnés pour des fautes graves mais se présentant sans vergogne au suffrage pour « se faire laver de toutes accusations« . Et là, vous voyez comme moi qui est dans cette situation aujourd’hui. Mais mon propos est de ne dénoncer ni les uns ni les autres, mais de tirer des enseignements.

Cette démarche, je ne l’approuve pas car elle témoigne de l’irrespect du corps électoral de la part des politiques. La politique n’est pas un jeu de ballon au cours duquel la faute commise est sifflée (ou non d’ailleurs) par l’arbitre, réparée par un coup franc « appelé d’ailleurs parfois coup de pied de réparation », puis on recommence l’esprit léger jusqu’à la prochaine faute. La politique est un engagement au service la Cité, activité désormais bien payée sur l’impôt des citoyens. La Cité a donc le droit de savoir et à mon sens de ne pas suivre n’importe qui, mais cela est un problème de conscience pour chaque citoyen.

Démocit propose donc que tout candidat à une fonction élective fasse une déclaration de son patrimoine et de son casier judiciaire, qu’il ne concoure qu’à une seule élection et en tout état de cause qu’il n’accepte qu’un seul mandat et s’y consacre pleinement.

Démocit propose aussi aux médias de faire un effort pour mieux nous informer tant en quantité qu’en qualité. Mais là , « vaste programme » comme disait le général de Gaulle.

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Lu dans le monde du 21 février 2010 page 17, une tribune de l’ancien directeur Afrique du Nord et Moyen-Orient du Quai d’Orsay proposant de lancer par la France la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Trés bien écrit, j’ai tout compris. Notamment le passage : « Selon la pratique internationale, on ne peut opposer des obstacles juridiques à une telle reconnaissance. Il existe en effet une jurisprudence qui s’appuie sur le principe d’effectivité décliné en trois éléments : la présence d’une population, le fonctionnement d’institutions qui exercent une autorité effective, même si elle est limitée, et l’existence d’un territoire ».

Oui, un Etat se définit par l’existence simultanée de ces trois constituants. Reconnaitre un « Etat palestinien » aujourd’hui, c’est admettre que le territoire « peau de léopard » auquel Israël a réduit l’espace palestinien à force de guerres et d’opérations de colonisation peut lui tenir lieu de territoire.

Je comprends surtout à la lecture de ce papier que la diplomatie française veut à tout prix marquer de son empreinte les relations internationales. L’affaire sera portée par notre ministre des Affaires étrangères et européennes  devant le Conseil de sécurité, ce sera un moment grandiose d’éloquence face aux Etats-Unis, que le diplomate pense pouvoir mettre à genou : « Mais iront-ils [les Etats-Unis] jusqu’à opposer un veto au Conseil de sécurité, passage obligé pour l’admission d’un nouvel Etat à l’ONU ? ».

Un moment d’éloquence à l’ONU, cela vous rappelle t’il quelque chose ? Encore que la dernière fois, c’était pour la bonne cause.

L’idée que cette reconnaissance acquise malgré eux, coince de façon pérenne les Palestiniens dans un Etat croupion, ne parait pas effleurer notre diplomate. Il entend déjà les applaudissements et voit les spots des projecteurs de télévision braqués sur lui et son ministre.

Qui a parlé de « diplomatie du sac de riz » ?

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